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Jane Hervé, le gué de l'ange

poésie des images et des lettres

LA LÉGENDE DE GURITHA,  PRINCESSE VIKING (suite 4)

Arthur Barbey en petit prince Harald, Costume Nicole Allagnon, Photo Jane Hervé.

Arthur Barbey en petit prince Harald, Costume Nicole Allagnon, Photo Jane Hervé.

Autrices : toujours les mêmes Hervé et Saint-Bois, cad Hervé Sainte-Bois!

Résumé : Dans un village viking du grand nord, les habitants préparent le mariage de la princesse Guritha et du prince Haldan. Tout commence par les louanges à Thor le dieu du Tonnerre, suivis des hommages à Frigg la déesse de l’amour. Les effets magiques sont évident : la princesse Guritha, fille d’une femme-pirate Alvida, épouse le prince Haldan.

Parution : sur ce blog  les dimanches 18 et 25 avril, 2 mai (Acte I, Scènes I, II, III). A vous de chercher !

 https://leguedelange.over-blog.com

 

ACTE II

Scène I : Le ventre de Guritha s’arrondit

 La saison des noces est passée, La neige et la glace ont fondu depuis longtemps. Les drakkars ont repris la mer. Le prince Haldan est parti à la tête d’un équipage de marins jeunes et chevronnés.  A terre,  dans le village VikingLand, les vieux paysans  labourent, sèment, chassent, les épouses cueillent  des fruits et des baies.

En l’absence de son époux Haldan parti en expédition, Guritha veille à la bonne marche du foyer et de la tribu. Elle fait régner l’ordre parmi les concubines. Pince-sans-rire et La Coquine cancanent en vraies commères. Des rivalités se font jour. La méfiance qui s’installe peu à peu finit par régner. Guritha doit déjouer leurs pièges  et éviter les complots. Elle  se défie surtout de la deuxième concubine à qui elle aimerait bien dire adieu !  Car celle-ci,  la dite Pince-sans-rire, s’adonne à la magie plutôt noire. Elle invoque avec insistance Loki le dieu aveugle des Ténèbres pour évincer Guritha. Devenir princesse à la place de la princesse est son but.

Sur la place du marché, Pince-sans-rire se tortille en divers jeux de hanches, menaçant même la princesse de son index orgueilleux:

- Haldan te chassera. Je suis sa préférée,  la première dans son cœur. Je suis bien plus jeune et plus belle que toi avec mes crèmes magiques. Ah, Ah, ces clés que tu portes en trophée à ta ceinture seront bientôt miennes. Bientôt, tu ne seras plus rien.

Guritha à l’âme guerrière ne se laisse pas impressionner :

- Pauvre idiote ! Tes minauderies ne serviront à rien. Haldan n’aime pas les mijaurées aux yeux peints. Il vénère les femmes à la poitrine ferme et aux muscles puissants, les vraies combattantes et... il n’aime que moi.

Après un bref silence, Guritha lance en l’air ses mollets tant appréciés du prince. Du french cancan à la Viking ! Elle ajoute :

- Je sais que tu as soudoyé quelques hommes pour m’éliminer. Je les attends de pied ferme.

Il devient évident que seul un combat pourra laver l’affront et apaiser les cœurs. Guritha  brandit le poing. Les hommes soudoyés par Pince-sans-rire, tous opposants du prince Haldan, s’approchent. Ils hésitent toutefois à utiliser leurs épées.

Guritha ironise en se caressant le nombril:

- Hourrah ! Mon ventre porte toujours le fils du prince Haldan.

La  concubine en rage, aux lèvres plus pincées que jamais, s’enfuit vers la mer, tandis que Guritha sort majestueusement. Les hommes genoux à terre se relèvent, puis disparaissent vers la forêt.

                                               *

Devant une grande demeure, Guritha, maternelle avec insistance, organise des jeux avec les petits enfants. Elle prépare secrètement sa future vie de mère. Des gosses font des combats au bâton. Des archers s’exercent à l’arrière. .

                                               ******************          

                        Scène II) La naissance du prince Harald

 Un beau matin, la princesse Guritha met au monde un enfant roux. Ici, les cheveux rouges portent bonheur. Il est le petit prince Harald, fils du prince Haldan qu’on surnomme le prince Blanc depuis son mariage. Le clan du Dragon est en liesse. Guritha chante encore le plaisir d’amour,  mais cette-fois ci d’amour  maternel.

L’enfant grandit. Il n’a pas le choix ! Guritha  entraîne le jeune prince  Harald vers le sommet du mont pour… l’entraîner ! Ils portent tous deux leurs armes. Ils sont seuls, liés par le sentiment d’appartenance à une même famille, à une tribu. La princesse-mèree exaltée fait de grands gestes de bras, désignant le ciel et la mer.

-  Par-delà cet horizon, il y a encore et encore un horizon. La mer  sans fin bat les côtes attrayantes ou effrayantes, affleure près de ports souvent grouillants de monde. Les fleuves coulent à l’intérieur des terres. Ils permettent  d’ouvrir des commerces d’étoffes, d’accéder à des royaumes, à des trésors, et enfin à d’autres  terres vertes et fertiles.  Pour cela, le clan du Dragon doit souvent se battre et souvent tuer. C’est notre droit et notre survie ! Nous devons nous établir au-delà des océans

 

                                                           ****************

Scène III) Harald apprend le maniement des armes

 Dès l’âge de douze ans, le prince Harald possède ses propres armes. Il les manie à la perfection. Tous les matins, Guritha lui apprend encore et encore le maniement de l’épée. Elle découvre qu’Harald le Roux-Rouquin a un faible pour les lances. Elles sont  les armes préférées du dieu Odin,  le Seigneur de la Lance  qui a donné l’écriture à son peuple, puis la victoire et la sagesse. Odin chevauche  les grands espaces portant à l’épaule deux corbeaux : Hugin la Pensée et Munin la Mémoire.

L’après-midi,  les archers initient les enfants. Le jeune prince s’exerce au tir à l’arc avec certains chasseurs. En compagnie d’autres adolescents Ivar, Gorm, Ragnar et Rollon, ils chassent ensuite en bande dans la forêt chevreuils et rennes, une fois même le sanglier. Ils sont très bavards et mènent un Guerre des Boutons à la Viking. Le prince Harald le Roux-Rouquin clame avec autorité :

 - Ma flèche fendra le cœur du chevreuil

Son copain Ivar le nargue et surenchérit :

 - Ma flèche atteindra la lune.

Harald à une audace sans limite. Rollon et Gorm restent bouche bée devant leur copain-prince qui rugit :

 - La mienne prolonge mes doigts et flotte sur l’air. Un vrai  taon ! Elle va piquer  les fesses de tous les ennemis du Dragon!

Soudain, la petite Brynhild  bondit des fourrés et saute au milieu de la bande de garçons. Elle écarte, puis ferme les doigts avec une certaine virilité :

Faut pas croire les gars,  j’suis peut-être une fille mais j’ai la main virile. J’ suis capable de viser juste… et droit et… même aux endroits stratégiques. Zou, du balai ! 

Brynhild  décampe, tripotant ironiquement ses longues nattes blondes en sautillant d’un pied sur l’autre.

A dimanche prochain, 16 mai, pour la suite des aventures de Guritha, toujours princesse.

Stèle Guritha princesse, mère et guerrière; Décor de Jane Hervé.

Stèle Guritha princesse, mère et guerrière; Décor de Jane Hervé.

 

Pour info : Jane Hervé, sur  Antoine Vitez, Recours au poème, mai/juin 208 :

 https://www.recoursaupoeme.fr/marie-etienne-antoine-vitez-et-la-poesie-la-part-cachee/

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