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Jane Hervé, le gué de l'ange

poésie des images et des lettres

S’ÉGARER DANS UN PAYSAGE

Peintre mystérieux.

Peintre mystérieux.

J’ai capturé ce paysage d’un peintre sur Internet, il y a quelques mois de cela.  Mon attribution première était erronée, tant  est complexe le dédale informatif dans FB. L’artiste sans doute connu me reste inconnu, malgré les suggestions. Qu’il m’excuse ! Il se peut que vous le reconnaissiez. Je serai heureuse de le citer !

                                                   *

Ce paysage ne m’est pas un paysage parmi tant d’autres. Je le regarde souvent sans me lasser, comme s’il était mon paysage. Il ouvre l’aube. Chaque jour il est semblable et chaque jour il est différent. J’essaie de le comprendre sans vouloir vraiment savoir. Le sentiment esthétique n’obéit pas à la raison (1). Il l’explore seulement avec délice.

Ce brouhaha de couleurs, ces torsions d’arbres et ces voltiges de feuillages, appuyés sur un sol pentu, fixent un certain instant. Le regard se l’approprie impunément. Regard du regardeur  qui réinvente, déforme, falsifie, recréé grâce à l’extraordinaire pouvoir de la perception.  Regard créateur et re-créateur qui vient achever ou détourner l’œuvre. Une telle dérive du cœur et de l’esprit révèle le fantôme qui règne au fond de soi, masqué.  Probablement.

Ici, un printemps mauve joue avec un automne ocre. Ici, des bulles de lumière éclatent dans l’ombre violacée. Arrête-toi sur ces ombres qui ont quitté le corps de l’arbre, subversives, libres.  Elles te parlent.  Des flaques d’ombres impossibles  jouent entre les troncs, trouées d’éclats lumineux.  Ici, l’adret frôle l’ubac de soi, avec une aisance si provocante. Le sol de ce chemin-là flotte comme un ruisseau dans l’incohérence de la perspective. Insensé du sensé.

Tu te trompes, Regard.  Ce chemin est  vrai, fréquenté, balisé par les troncs et les frondaisons, parcouru dans le jour et le contre-jour et le contre-contre-jour. Mais pourquoi inventes-tu, au pied du premier arbre de gauche, l’esquisse rustique d’une maison. Cherches-tu à te rassurer dans le dépaysement du paysage ?

Jane  Hervé

  1. Moquons-nous de Kant qui a cru trouver quelques règles au beau…

 

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