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le gué de l'ange

le gué de l'ange

Jane Hervé, poésie des images et des lettres

Pistolet sur la tempe

Jani Silva

Jani Silva

" On m’a mis un pistolet sur la tempe pour avoir défendu mon territoire. Et pourtant, je continue… nous ne pouvons pas fuir ou nous laisser vaincre par la peur",  témoigne Jani Silva. Comme Nemonte en Equateur  (1),  Jani  lutte contre l’extraction pétrolière, l’accaparement des terres et la déforestation. Cette paysanne, qui défend les territoires et ses habitants,  est confrontée au harcèlement des groupes armés. Menacée de mort en décembre 2017, elle doit quitter son domicile avec toute sa famille. Depuis quelques mois, elle constate une surveillance étroite et des mouvements suspects autour d’elle. En mars, la défenseure des droits humains est informée d’un plan visant à l’assassiner (2).  En avril, des coups de feu sont tirés près de chez elle. Jani est toujours en vie. Ecoutons-la :

 

 

 Je m’appelle Jani Silva et je suis une campesina colombienne. J’ai 57 ans. Je travaille dans la Zone de réserve paysanne Perla Amazónica, dans le département de Putumayo, au sud du pays. Depuis que je suis petite, j’ai toujours suivi mes convictions et défendu ce que je pensais. Pour cela, je mène aujourd’hui un combat pour la protection de la biodiversité amazonienne.

Je fais maintenant l’objet de menaces de mort parce que je défends notre territoire, l’environnement et notre mode de vie. Les groupes armés, présents dans la région, veulent contrôler nos cultures vivrières, nos terres et notre communauté. Nous avons déjà dû faire face à l’exploitation du pétrole qui attaque notre territoire, détruit des couloirs biologiques nécessaires pour protéger les espèces amazoniennes, et qui a modifié drastiquement le mode de vie de nos communautés paysannes. 

Malgré tous les obstacles et toutes les difficultés, nous restons convaincus que notre combat est juste et nécessaire. L’humanité doit comprendre que - tous et toutes - nous sommes la vie, que nous sommes l’eau, et qu’en défendant l’Amazonie, nous défendons la vie des générations actuelles et futures.

Nous, les petits paysans, nous sommes l’Amazonie. Ce territoire est notre unique possession. C’est tout ce que nous sommes. C’est là que nous menons notre projet de vie, que nous élevons nos enfants et que nous voyons grandir nos petits-enfants. Nous luttons pour y rester. Nous défendons la vie, nous défendons un écosystème, nous défendons toute l’histoire et la culture des petits paysans. Une lourde responsabilité pèse sur nos épaules, car tout le monde respire l’oxygène produit par nos forêts et nos marais.

 

(1) Le gué de l’ange, 18 octobre 2020.

(2) Amnesty International France soutient son combat dans l’opération « 10 Jours pour signer »  pour Jani et

toutes les personnes dont les droits sont bafoués. 

Merci Chantal de passer le gué avec nous!

 

 

 

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